Goa est le plus petit État de l'Inde, et pourtant rares sont les endroits du sous-continent qui concentrent autant de couleurs sur si peu d'espace. Cette bande de la côte du Konkan fut une colonie portugaise pendant environ 450 ans ; lorsqu'elle rejoignit l'Inde en 1961, elle garda une identité bien à elle : des églises blanchies à la chaux voisinant avec les temples hindous, des échos latins dans la musique, des poissons mijotés dans le vinaigre et les épices. Ajoutez plus de cent kilomètres de plages et vous comprendrez pourquoi Goa reste, pour tant de voyageurs, la première image de l'Inde.
Goa Nord : la côte bruyante et légendaire
Le tronçon entre Baga et Calangute est le plus animé de l'État : parachute ascensionnel et jet-ski, rangées de paillotes servant bière fraîche et poisson grillé, clubs ouverts jusque tard dans la nuit. C'est bondé, chaotique et follement vivant - mais personne ne parlerait de calme.
Anjuna, un peu plus au nord, porte l'héritage de l'époque hippie qui fit la réputation de Goa dans les années 60 et 70. Son célèbre marché aux puces se tient chaque mercredi en saison, et la tradition trance vibre encore dans les bars perchés sur la falaise. Le voisin Vagator offre des falaises rouges et des couchers de soleil spectaculaires depuis le fort de Chapora, tandis que Arambol, tout au nord, reste le repaire alternatif : écoles de yoga, voyageurs au long cours et cercles de tambours réunis sur le sable au crépuscule.
Goa Sud : palmiers et matins tranquilles
Au sud, le rythme tombe de moitié. Palolem est la plage emblématique : un arc parfait de palmiers autour d'une eau calme, bordé de cabanes en bois plutôt que d'hôtels en béton. C'est animé, jamais frénétique. Agonda, une baie plus loin, est encore plus paisible, prisée des couples et des retraites de yoga, et la longue plage de Colva offre des kilomètres de sable pour marcher. Si votre rêve de Goa tient dans un livre, un hamac et un thali de poisson, mettez le cap au sud.
Old Goa et Panaji : l'héritage portugais
À l'intérieur des terres, sur la rivière Mandovi, s'étend Old Goa, ancienne capitale coloniale jadis comparée à Lisbonne, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. La basilique de Bom Jesus abrite les reliques de saint François Xavier, missionnaire dont la dépouille attire des pèlerins du monde entier, et l'immense cathédrale Sé compte parmi les plus grandes églises d'Asie. À trente minutes, la capitale Panaji cache le charmant quartier de Fontainhas : ruelles ocre, indigo et vert citron, maisons portugaises, enseignes en azulejos et petites boulangeries - idéal pour une promenade matinale.
Que manger, que boire
La cuisine goanaise, c'est l'Inde et le Portugal dans la même assiette. Goûtez le vindaloo, curry de porc vinaigré et brûlant qui n'a rien à voir avec ses copies britanniques, le xacuti - poulet dans un masala de noix de coco grillée et de graines de pavot, et le poisson recheado farci d'une pâte de piment rouge. Le tout arrosé de feni, l'alcool local distillé à partir de pommes de cajou - puissant, aromatique, introuvable ailleurs en Inde.
Soirées et marchés
Au-delà des clubs de Baga et d'Anjuna, le rendez-vous classique de la saison est le Night Market du samedi à Arpora, labyrinthe d'étals, de food trucks et de musique live. Plus surréaliste : les casinos flottants amarrés sur la Mandovi à Panaji, illuminés comme des manèges à la nuit tombée.
Conseils pratiques
- Un scooter coûte environ 300-500 INR par jour et reste le moyen classique d'explorer - casque obligatoire, les contrôles de police sont fréquents.
- La haute saison va de novembre à février : air sec, mer calme, tout est ouvert.
- La mousson (juin-septembre) rend Goa verte et déserte ; la plupart des paillotes ferment, mais les hôtels sont bon marché et les paysages superbes.
- Deux aéroports desservent l'État : Dabolim au centre et le récent Mopa au nord.